UPS s'en prend au droit de grève et à la liberté syndicale

Publié le par FO Nogent

Après un conflit social survenu en février sur un de ses sites, la direction de l’entreprise de messagerie veut licencier cinq salariés, dont un délégué syndical FO. Elle n’a visiblement pas digéré les concessions qu’elle a dû faire aux personnels.

«Suite à votre comportement lors du mouvement de grève qui s'est déroulé du 16 au 18 février 2011 sur le site de la Courneuve, nous sommes amenés à envisager à votre égard une mesure de licenciement pour faute lourde. Aussi, en application (…) du Code du travail nous vous demandons de bien vouloir vous présenter le vendredi 4 mars à 14h30. (…). D'ici là, et compte tenu de la gravité des agissements reprochés, nous vous notifions une mise à pied à titre conservatoire jusqu'à la décision définitive qui découlera de l'entretien».
 
Le 22 févier dernier, Ramzi Mannai délégué syndical FO, est tombé des nues lorsqu'il reçoit cette lettre signée de la direction de la multinationale américaine de livraison de colis express, UPS Transport, et envoyée à quatre autres salariés du site de La Courneuve (Seine-Saint-Denis). «L'entreprise veut nous faire payer les suites de la grève des 8, 16, 17 et 18 février 2011 qui a été suivie par 80 à 100% des salariés et qui a permis d'obtenir des avancées sociales significatives pour tous les personnels, notamment une augmentation générale des salaires de 73 euros pour les rémunérations inférieures à 2.000 euros et de 4% pour les autres», explique le représentant du syndicat FO (plus de 80% des voix aux dernières élections professionnelles d'octobre 2010).
 
Le conflit avait également amené UPS à s'engager sur des discussions au plus haut niveau «sur les difficultés rencontrées par les salariés, en matière de conditions de travail gravement dégradées», rapporte Reza Painchan, secrétaire général de l'Union départementale FO de Seine-Saint-Denis. A ce propos, une première réunion avec des hauts responsables d'UPS devait avoir lieu au plus tard le 25 février dans la perspective d'un vaste audit social relatif aux conditions de travail à La Courneuve. Sous la pression sans doute de la hiérarchie américaine d'UPS, les dirigeants français n'ont pas tenu leurs engagements alors qu'ils figurent explicitement dans les protocoles de fin de conflit approuvés par les parties. Lequel protocole soulignait aussi le fait que «les salariés qui ont participé au mouvement de contestation et de blocage sur le site (…) ne feront l'objet d'aucune sanction à ce titre». D'où la mise en garde de Reza Painchan : «en France, les relations professionnelles sont basées sur la loyauté, pas sur les coups tordus!». C'est pourquoi, FO a appelé les personnels d'UPS à venir soutenir les cinq salariés convoqués aux entretiens préalables vendredi prochain afin de faire respecter la liberté syndicale et le droit de grève.

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