Une tout autre logique

Publié le par FO Nogent

Face à un déficit financier, il y a globalement trois possibilités: derr.jpg

- s'endetter pour faire face aux dépenses;

- trouver de nouvelles recettes;

- diminuer les dépenses.

S'agissant des retraites, rappelons avant toute chose que le dossier arrive en 2010 du fait de l'explosion de la crise financière, qui a dégradé tous les compteurs pour venir en aide aux établissements bancaires et financiers, et soutenir l'activité économique.

Le gouvernement, malgré les discours sur la moralisation du capitalisme en 2009, continue à se situer dans la même logique économique libérale. À cause de la concurrence, de la compétitivité, de l'attirance des capitaux financiers (tout ce qui est à l'origine de la crise), il faut réduire les dépenses publiques et sociales, donc réduire les dépenses en matière de retraite en reculant les âges de départ, en allongeant la durée de cotisation, en ne réglant pas la question, elle aussi essentielle, de la pénibilité.

Force Ouvrière est dans une tout autre logique. Il faut modifier la politique économique et sociale, réglementer les marchés et trouver les moyens nécessaires pour les retraites.

Nous avons ainsi mis sur la table plusieurs propositions:

- révision de l'assiette de la CSG pour qu'elle porte plus sur les revenus financiers et du capital: 1 point de CSG représente 12 milliards d'euros actuellement;

- augmentation d'un point de la cotisation patronale (4 à 5 milliards d'euros);

- taxation plus élevée des bénéfices non réinvestis (5 milliards possibles);

- augmentation des contributions sur l'intéressement et la participation (3 milliards);

- taxation des bonus et stock-options;

- révision des exonérations de cotisations sociales patronales, dont la Cour des comptes elle-même dénonce le coût et l'inefficacité (plusieurs milliards d'euros);

- remise en cause de plusieurs niches fiscales (ex.: exonération des plus-values à l'occasion de la vente de filiales).

À noter, par ailleurs, que toutes les diminutions fiscales introduites depuis dix ans font aujourd'hui perdre 90 milliards d'euros aux finances publiques.

- Augmentation des salaires (1% en plus équivaut à 700 millions d'euros de recettes supplémentaires pour la seule caisse vieillesse).

Enfin, signalons qu'une politique plus active serait créatrice d'emplois, donc de rentrées financières.

Nous sommes donc dans deux logiques opposées. C'est pourquoi nous demandons le retrait du projet gouvernemental pour obtenir une autre réforme pour les retraites, respectueuse des droits de toutes les générations et réductrice des inégalités sociales. Nous avons même proposé une suspension du texte pour rouvrir des discussions. Mais le gouvernement reste bloqué. Compte tenu, pour lui, de l'inscription de son projet de loi comme un élément clé du plan d'austérité, il s'est en quelque sorte enfermé dans la logique des marchés financiers. Ce qui explique en grande partie son blocage.

Il faut ainsi noter que d'autres organisations syndicales en viennent aujourd'hui à réclamer un changement complet du texte. Ce qui signifie que les analyses vis-à-vis de ce projet de loi se rapprochent.

Après le succès du 23 septembre (au moins au même niveau que le 7 septembre) et face à l'intransigeance gouvernementale, Force Ouvrière a reproposé de monter d'un cran pour un appel unitaire à 24 heures de grève interprofessionnelle. Nous maintenons donc nos analyses, revendications et positons tout en soulignant que, pour nous, l'unité d'action est nécessaire pour gagner.

Cette unité d'action se traduira donc par des manifestations le samedi 2 octobre, dont il est indispensable qu'elles se traduisent globalement par une augmentation du nombre de manifestants, ce qui n'est pas gagné d'avance.

À noter que les organisations syndicales d'étudiants et de lycéens appellent également.

Une nouvelle journée de grèves et de manifestations est prévue le 12 octobre, après une nouvelle réunion des syndicats le 4 octobre.

C'est à la fin d'un combat qu'on compte les points et qu'on mesure ce qu'on a gagné. En attendant, on mène le combat avec des revendications claires et des propositions alternatives, c'est notre ligne de conduite.

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