ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE CONTRE LA RÉPUBLIQUE SOCIALE

Publié le par FO Nogent

Le pouvoir exécutif affiche sa volonté de broyer les dépenses publiques de l’État, des collectivités locales et des systèmes de protection sociale.
Le président Nicolas Sarkozy a précisé jeudi dernier les armes qu’il entendait utiliser pour lutter contre le déficit public lors d’une conférence sur le sujet à l’Élysée. Le pouvoir exécutif s'est engagé à les ramener dans la limite autorisée par les traités européens, soit 3% en 2013, contre 8% attendu cette année. Pour y parvenir, son gouvernement a confirmé qu'il faudra réaliser au moins cent milliards d'euros d’économies via, notamment la baisse - «le gel en valeur» - des dépenses de l'État, des dotations collectivités locales, des aides sociales comme le Revenu de solidarité active, l'Aide pour le logement ou l'Allocation pour adulte handicapé, mais aussi des aides publiques au développement, à l'agriculture et à l'emploi. Le principe de non remplacement d'un fonctionnaire sur deux sera maintenu. Les opérateurs publics type Météo France devront également se conformer aux diktats. Les systèmes de protection sociale ne seront pas non plus épargnés par la cure d’austérité, en particulier au travers d’une baisse des dépenses d'assurance maladie et la diminution des droits de à la retraite tous les salariés (allongement de la durée d'activité et report de l’âge légal de départ après 60 ans).

«Le redressement des finances publiques, concentré sur la réduction des dépenses, «sera partagé entre l'État, les collectivités locales et la Sécurité sociale», a martelé M. Sarkozy lors cette conférence. Il veut par ailleurs inscrire cette politique de rigueur «dans notre loi fondamentale». Il compte ainsi faire réviser la Constitution afin de «confier à la loi de finances la compétence exclusive sur les dispositions fiscales» et de «renforcer le pouvoir du Parlement» en la matière. L’objectif serait alors d’obliger tout gouvernement, en début de législature, de «s'engager pour une période de cinq ans sur une trajectoire de déficit» et «sur la date à laquelle l'équilibre des finances est atteint». Autrement dit, graver un peu plus dans le marbre les critères de pacte stabilité européen.

Après avoir rappelé qu’en économie aucune théorie ne fait de l’équilibre budgétaire l’alpha et l’oméga d’une bonne politique économique d’un État, Pascal Pavageau (FO) estime que «si elles devaient se concrétiser, ces orientations seraient irresponsables. Une telle révision constitutionnelle, c’est tirer une balle dans le pied des politiques, dont le rôle serait un peu plus dévalorisé qu’il ne l’est déjà par les critères européen». Pour FO, «les effets de la crise, dont le pays n’est encore sorti, auraient été par exemple ingérables sans faire appel à la dépense publique – les banques s’en souviennent encore – et sans jouer sur les amortisseurs que constituent nos systèmes de protection sociale que M. Sarkozy s’est plu à louer à diverses reprises». Tout cela, ajoute Pascal Pavageau, «ne vise bien entendu qu’à donner des gages aux marchés financiers et à détruire idéologiquement les services publics pour mieux en privatiser ensuite les missions». Il en veut pour preuve cette volonté d’assécher les ressources des collectivités locales qui seraient dès lors contraintes de livrer des services publics locaux au privé pour pouvoir assumer des prestations sociales comme le RSA.
 
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