LE CONFLIT SALARIAL SE PROLONGE CHEZ AIRBUS

Publié le par FO Nogent

Engagée lundi sur les différents sites de l’avionneur européen, la grève a commencé à impacter sérieusement la production. Face au refus de la direction de négocier, le mouvement risque de se poursuivre la semaine prochaine.
Toujours pas d’issue en vue au conflit chez Airbus. Portant sur les salaires, l’emploi et les conditions de travail, la grève entamée lundi se poursuivait vendredi sur les différents sites français du constructeur d’avions européens. Unis comme jamais, les syndicats (FO, CGC, CFDT, CFTC et CGT) exigent notamment une augmentation de salaires au moins égale à 3,5% pour 2010 et des embauches à la hauteur de l’activité florissante de l’entreprise. Malgré les répercussions économiques, la direction continue de s’en tenir à ses propositions formulées la semaine dernière, à savoir une hausse 1,5% en moyenne. Plutôt que de négocier, elle menace les salariés d’actions judiciaires si les blocages devaient persister.

Peine perdue. «Les menaces judiciaires font partie de la panoplie classique d'une direction, on ne va pas bouger d'un iota, la mobilisation est très suivie», a répondu Jean-François Knepper (FO), qui conteste la perte d'exploitation de1,4 milliard d'euros avancée par la direction pour éviter de négocier. Ce chiffre, précise-t-il, inclut «une provision de 1,8 milliard de pertes dues l'avion militaire A400M, dont Airbus n’est en rien responsable». «Nous allons exercer notre “droit d'alerte” et demander une expertise de la situation économique et financière de l’entreprise», ajoute le délégué syndical central FO.


Depuis lundi, la grève a affecté les différentes usines de Toulouse, Saint-Nazaire en passant par Nantes. Les ouvriers de l'usine de Saint-Éloi, près de Toulouse (Haute Garonne) ont ainsi bloqué hier le déchargement des avions-cargos Belugas chargé d’acheminer les tronçons d'avions fabriqués dans les autres usines européennes d’Airbus. De quoi compromettre le calendrier de livraison et des mises en production des appareils. Aujourd’hui, c’est le bureau d'études et le siège social d'Airbus France basés à Toulouse qui sont appelés à cesser le travail tandis qu’à Nantes (Loire-Atlantique), les salariés sont appelés à une opération «usine déserte».


Le mouvement prend donc de l’ampleur. Et il est fait pour durer. «Pour tenir, nous avons organisé une collecte auprès des salariés qui a permis d’ores et déjà de récolter des dizaines de milliers d’euros pour compenser la perte de salaires des ouvriers grévistes», a expliqué Jean-François Knepper (FO). Vu que la direction se refuse toujours à ouvrir les négociations, les blocages ont toutes les chances de se poursuivre la semaine prochaine. «Et ils pourraient coûter plus cher à l'entreprise que ne l'auraient fait les augmentations réclamées», préviennent les syndicats.
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article