POURQUOI LES PRIX FLAMBENT-ILS À LA POMPE? POURQUOI LES PRIX FLAMBENT-ILS À LA POMPE?

Publié le par FO Nogent

Au-delà des explications entendues ayant trait à la spéculation sur le marché des matières premières, la parité euro/dollar ou la rigueur de l’hiver, FO met en cause aussi le rendement exponentiel des dividendes exigés par les actionnaires des compagnies
rants flambent de nouveau à la pompe. Ils culminent à leur plus haut depuis l'automne 2008. Du gazole au super sans-plomb 98 en passant par le super sans-plomb 95, tous les carburants atteignent en moyenne des sommets. La semaine dernière, les stations services délivraient ainsi le litre de super sans-plomb 95 à plus de 1,39 euro et le litre de super sans-plomb 98 à près de 1,43 euro tandis que le gazole, carburant le plus consommé en France (75% des ventes) s’échangeait à 1,20 euro par litre, soit 13% de hausse depuis le début de l'année. Les experts, notamment de l'Union française des industries pétrolières (UFIP),  expliquent le phénomène par la remontée des cours du baril de brut, la baisse de l'euro et par un hiver rude.
 
Sur fond de spéculation classique des traders qui entendent profiter du  moindre sursaut de la demande énergétique dans la perspective d’une reprise économique mondiale, les cours du brut ont dépassé les 92 dollars sur les marchés, un niveau inédit depuis 26 mois. Dans le même temps, la monnaie européenne est tombée ces derniers jours à 1,32 dollar, contre 1,43 dollar en janvier, malmenant ainsi la parité euro/dollar. Les cours  du pétrole étant libellé en dollars sur les marchés des matières premières, la baisse de l'euro renchérit dès lors mécaniquement ses importations. Du coup, la valeur d’un baril en euro a pu grimper de 26% depuis le début de l'année, passant de 53 euros en moyenne en janvier à 67 euros la semaine dernière. Quant à l'arrivée d'un «hiver précoce et assez rude», pour reprendre les termes de l’UFIP, elle a stimulé la demande de consommation en fioul.
 
Sauf que, fait remarquer, Jacques Rey de la Fédéchimie FO, les explications avancées par les experts omettent de mentionner l’avidité toujours plus féroce des actionnaires des multinationales pétrolières. «Quelles que soient les conditions du marché, ces actionnaires exigent désormais un retour sur dividendes de 38% par an, contre 30% en moyenne les années précédente», dénonce-t-il. Histoire de profiter au maximum des profits de leurs entreprises qui ont progressé de 35% en moyenne en 2010 par rapport à 2009. Pour FO, «avec le jeu des spéculateurs qui font croire à la terre entière que la fin des réserves de brut est toujours plus proche, les actionnaires portent aujourd’hui une lourde responsabilité dans la situation de l’industrie pétrolière car les groupes, comme Total, ont décidé de ne plus investir pour pérenniser leurs infrastructures (abandon progressif du raffinage notamment en France)». Tout cela impacte durablement les prix à la pompe pour des automobilistes considérés comme des vaches à lait. «Ce n’est pas sans conséquences non plus sur les conditions de travail et d’emploi (fermeture de raffineries programmés, sécurité aléatoires sur les sites…) mais aussi de rémunération», souligne également Jacques Rey. Et ce en référence aux dernières négociations salariales dans le secteur. Le patronat de la branche y a consenti cette année une augmentation moyenne de 1,9%... qui couvre à peine l’inflation sans rattraper la perte de pouvoir d’achat subie l’an dernier par une revalorisation insignifiante (+0,5%).
 
 
 
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article