PERSONNE NE VEUT TRAVAILLER JUSQU’À LA MORT»

Publié le par FO Nogent

La nouvelle journée de mobilisation organisée ce mardi contre la réforme des retraites s’annonce encore plus massive que les précédentes journées des 7, 23 septembre et 2 octobre. Outre les renforts probables des jeunes (lycéens ou des étudiants) qui ont commencé à rejoindre le mouvement depuis la semaine dernière, les syndicats font état cette fois d’une participation plus importante aux arrêts de travail lancés dans les entreprises publiques et privées ou les administrations. La mobilisation pourrait à cet effet s’installer plus durablement sachant que les appels à la grève reconductible ou illimitée se sont multipliés dans bon nombre de secteurs et d’entreprises depuis le 2 octobre. Autant d’appels devant être discutés dès le 13 octobre au matin dans des assemblées générales (AG) que préparent les syndicats.

«Dans un contexte social déjà fortement dégradé par la crise, la tension sur les retraites est à son comble chez nous. Très remontés, les salariés sont déterminés à en découdre», explique ainsi Vincent Jozniak, délégué syndical FO sur un site de production d’Alstom du Valenciennois (Nord). Selon lui, «dans les ateliers, pas un seul ouvrier ne veut voir finir sa vie au travail après à 62 ou à 67 ans. Tous demandent le retrait pur et simple du texte gouvernemental». La grève pourrait y être particulièrement suivie mardi avant l’AG prévue mercredi matin pour débattre de sa reconduction.

«Chez nous aussi, les retraites, c’est sans doute la goutte qui a fait déborder le vase», explique Thierry Regniez, délégué syndical FO-PSA à Valenciennes (Nord). «Dans l’usine, vous ne trouverez, aucun salarié qui est disposé à faire les trois-huit pour bosser jusqu’à plus d’âge alors que l’usure physique et mentale se fait sentir à la cinquantaine», dit-il. Depuis le 15 juin, date de la première journée nationale de grève et manifestation organisée par FO, la mobilisation n’a eu de cesse de s’amplifier pour exiger l’abandon de la réforme. «Au-delà des salariés à quelques années de la retraite, les plus motivés dans ce combat, ce sont assurément les jeunes de l’entreprise, qui, contrairement à ce qu’on en dit, ont bien compris les enjeux d’un tel recul social». Pour l’heure, ajoute-t-il, «on a appelé à une grève de 24 heures mais il est prévu avec les autres syndicats de discuter dans la foulée des prolongements de l’action».

La journée de grève pourrait réserver de grosses surprises, assure également Patrick Ardouin, délégué syndical FO dans une entité d’Eurovia (filiale de travaux publics du groupe Vinci) basé à Angoulême (Charente). «Vu la dégradation continue des conditions de travail et de rémunération dans ce secteur, les ouvriers sur les chantiers en ont ras le casque et ne veulent pas travailler jusqu’à la mort!», lance-t-il. «Comment voulez-vous qu’ils puissent un instant accepter de voir augmenter leur vie au travail alors qu’aujourd’hui, la moitié d’entre eux sur les chantiers ont un problème de santé grave à partir de 50 ans», s’étrangle-t-il, avant d’ajouter: «ils ne peuvent déjà pas atteindre l’âge fatidique actuel de la retraite à 60 ans. Qu’en sera-t-il demain avec cette réforme dégueulasse?». Chez Eurovia, on compte aussi sur un rapport de force durable pour contraindre le gouvernement à bouger de ses positions. Ou comme l’a souligné lundi matin le leader de FO, Jean-Claude Mailly, lorsque l’on est face à un mur : «ou on passe au-dessus, ou on le casse!».

 
 
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