FO veut améliorer le sort des salariés précaires

Publié le par FO Nogent

Syndicats et patronat ont deux mois pour s'entendre sur une nouvelle convention UNEDIC. La confédération revendique une meilleure indemnisation des salariés en CDD ou en intérim. Quitte à faire payer les patrons qui abusent de ces contrats courts.
Les interlocuteurs sociaux ont ouvert lundi un cycle de négociations interprofessionnelles sur la future convention d'assurance-chômage. Les organisations patronales (MEDEF, CGPME, UPA) ont indiqué d'emblée que leur seul objectif était de parvenir de conserver les règles de l'actuelle convention UNEDIC entrée en vigueur en 2009 et qui expire le 31 mars. Pour leur négociateur en chef, Patrick Bernasconi (MEDEF), il s'agit surtout de reconduire l'une de ses clauses prévoyant une baisse des cotisations (patronales et salariales) à partir du moment où les comptes de l'assurance-chômage afficheront un «excédent d'exploitation d'au moins 500 millions d'euros sur un semestre». Ce qui interviendrait en 2013, selon les dernières prévisions. Les syndicats (FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC et CGT) s'opposent à l'automaticité d'une telle clause étant donné l'endettement actuel et futur de l'UNEDIC. «On ne peut pas faire n'importe quoi! Il faut revenir un peu aux réalités économiques et financières», a prévenu le représentant FO, Stéphane Lardy, avant de rappeler que le régime d'assurance-chômage cumule aujourd'hui une dette de 11 milliards d'euros. Et que selon des projections, elle devrait encore se situer autour de 6,7 milliards d'euros fin 2014.

Pour les syndicats, la priorité est d'améliorer la prise en charge et l'indemnisation des demandeurs d'emplois, notamment pour les plus précaires. Stéphane Lardy a défendu ainsi «le principe selon lequel un jour cotisé doit donner lieu à un jour d'indemnisation». Et ce afin de permettre aux salariés multipliant les contrats courts (CDD, intérim…) d'être correctement indemnisés lorsqu'ils se retrouvent au chômage. FO a mis également sur la table sa proposition de mutualiser au mieux le système d'indemnisation, c'est-à-dire donner la possibilité à un salarié n'ayant pas épuisé ses droits à indemnisation, lors d'une première période de chômage, de les récupérer et de les cumuler avec de nouveaux droits acquis lors d'une nouvelle perte d'emploi. Cette possibilité existe déjà pour les salariés en intérim. Il s'agirait donc là de la généraliser afin de mieux indemniser les salariés qui sont obligés de subir une succession de contrats précaires. À ce propos, FO entend plaider aussi pour une modulation des cotisations patronales en fonction de la nature et de la durée des contrats proposés par les entreprises. Concrètement, plus le contrat serait court ou précaire, plus le taux de cotisation serait élevé. L'idée est de «faire cotiser plus ceux qui abusent des CDD et de l'intérim», précise Stéphane Lardy.

Enfin, FO entend pérenniser l'«allocation en faveur des demandeurs d'emploi en formation» (AFDEF). Ce dispositif permet notamment aux demandeurs d'emploi de suivre une formation longue en prolongeant quelque peu leur indemnisation bien que leurs droits au chômage soient épuisés. Cette allocation s'adresse en particulier à des chômeurs qui souhaitent s'engager dans des formations sanitaires (auxiliaire de vie, aide-soignant, infirmier). Depuis deux ans, le financement du dispositif (160 millions d'euros par an) était partagé à égalité entre l'Etat et l'UNEDIC. Pour des raisons d'économies budgétaires, le gouvernement Fillon a décidé de retirer cette année le concours financier de l'Etat (80 millions d'euros). «Jusqu'en 2008, l'Etat assumait seul le dispositif. Le régime d'assurance y a apporté depuis sa contribution. Et aujourd'hui, il cherche à s'en dégager totalement», déplore Stéphane Lardy qui appelle le gouvernement à ses responsabilités. Car si l'AFDEF devait disparaître, faute de financement, cela pénaliserait environ 30.000 personnes par an. Prochaine réunion, le 9 février.
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